Potosi, les veines de l'espoir / the veins of hope
Au 17ème siècle, Potosi, grâce à ses mines d’argent, a fait la fortune de l’Europe. Pendant deux cents ans, les conquistadors vont exploiter sans relâche le Cerro Rico, la montagne qui surplombe la ville, et provoquer la mort de 8 millions d’esclaves. Aujourd’hui, l’argent pur est pratiquement épuisé, mais les mineurs continuent malgré tout à creuser les entrailles de la montagne. La hausse des cours des matières premières attire de nombreux paysans pauvres de l’Altiplano qui rêvent de découvrir le filon qui les rendra riche. Mais les chanceux sont rares et la plupart des mineurs ne font que survivre. Dans des conditions de travail dantesques, des dizaines d'entre eux meurent chaque année à cause des éboulements ou asphixiés par le monoxyde de carbone. Malgré ces dangers, tous sont fiers de leur métier. Pour les mineurs, le travail de la mine n'est pas que la conquête de la richesse du sous-sol. La descente dans les profondeurs s’apparente à un pèlerinage et est ritualisée. Le monde souterrain est peuplé de divinités que les mineurs sollicitent pour qu’elles leur apportent une protection. Chaque semaine, ils font des offrandes au diable de la mine, Tio, pour qu’il enfante la terre mère, la Pachamama. De cette union, tous les mineurs espèrent la naissance de nouvelles veines de minerais qui, peut-être, feront leur fortune. Mais en attendant ce miracle, la Pachamama continue de manger les hommes.